La Sécu, est elle toujours à nous ?

La Sécurité Sociale est-elle toujours à nous ?
La question mérite d’être posée.
La Sécu de 45, celle de Georges BUISSON (père de la Sécurité Sociale) était à l’image de notre organisation : « indépendante ». Indépendante des Gouvernements et des partis politiques…
Il aura fallu l’intervention d’un député pour introduire le patronat dans sa gestion. Ceux qui n’en voulaient pas.
Marc Blondel, secrétaire général de FO, s’exprimait le 16 septembre 1997 dans ces termes : « La CSG. Ça y est, on est parti à l’étatisation de la Sécurité sociale. Ce qui permet à M. Bébéar, voire à Monsieur le président du Conseil de l’Ordre des Médecins de dire qu’il faut mettre la sécurité sociale en concurrence, c’est-à-dire en définitive comme une entreprise nationalisée que l’on met en concurrence et à qui on casse le monopole quand il y a lieu. C’est clair, c’est justement la réforme et notamment la CSG parce qu’on va vers l’étatisation de la Sécurité sociale. Il semble même que ceux qui défendent la notion de CSG sont en train de dire qu’on ne se comporte pas de la même façon avec un impôt qu’avec une cotisation sociale. Ils auraient dû s’en rendre compte plus tôt ! Et moi, je vais encore tout faire pour essayer de faire remettre à plat le système de Sécurité sociale avant qu’il ne disparaisse complètement.
…
Je confirme effectivement notre hostilité au financement de la Sécurité sociale par la CSG. Mais nous allons rediscuter avec le gouvernement de la réforme Juppé de la Sécurité sociale, ce que j’ai déjà commencé à faire mercredi après-midi avec le ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Martine Aubry. Je ne pense pas qu’on pourra revenir sur la compétence qui a été accord aux députés, mais je veux le maximum d’autonomie pour les régimes de la Sécurité sociale. Le basculement des cotisations maladie sur la CSG conduit à la fiscalisation, demain vraisemblablement à l’étatisation et permettra à M. Bébéar, qui veut remettre en cause le monopole de la Sécurité sociale, de se faire entendre plus souvent. Mme Aubry nous explique, elle, que l’élargissement du financement de la Sécurité sociale aux revenus non salariaux garantira l’exercice d’une Sécurité sociale plus autonome. Nous allons donc poursuivre la discussion. »
Il avait raison parce qu’il connaissait bien le sujet. C’est lui qui avait qualifié la CSG « d’holdup du siècle ».
Le Congrès Confédéral de Dijon l’a confirmé. La Sécu fait partie des tripes de la CGTFO.
Plusieurs centaines de militants se sont réunis en commission de résolution sociale et le projet a été amendé lors du Congrès des 3 500 délégués. Pour faire ressortir les éléments sur la Sécurité Sociale, un extrait de la Résolution sont porté à la connaissance des lecteurs de ce journal dans les 3 pages suivantes.
Il n’y a pas d’égarement possible, le congrès confirme :
« … son attachement indéfectible aux principes fondateurs de la Sécurité sociale de 1945 répondant aux principes « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins… ».
C’est la ligne qui sera défendue par tous les représentants de la CGTFO quand ils siègeront dans les conseils d’administration des différentes branches de la Sécurité Sociale. Idem pour les syndicats des personnels de la Sécu qu’ils soient employés, agents de maîtrise ou cadres. Ils ont participé aux travaux du congrès et se sont exprimés à la tribune et en commission. Cette résolution est la leur.
Le Bureau Confédéral, la Commission Exécutive Confédérale et le Conseil Confédéral National ont leur feuille de route pour défendre la Sécurité Sociale.
Comme le disait Marc BLONDEL :
« La Sécu vaut bien une grève générale ! ».
La Sécu, elle est à nous !