France Travail enrôlé dans l’économie de guerre

France Travail enrôlé dans l’économie de guerre

Alors que France Travail doit déjà faire face à une hausse des missions, à l’intégration des bénéficiaires du RSA et à des suppressions massives de postes, le gouvernement annonce la création d’une « force spéciale défense » destinée à répondre aux besoins de l’industrie militaire. Sidérant !

S’attaquer au chômage par le réarmement, c’est ce que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé le 21 janvier sur France Info, par la création d’une « force spéciale défense » au sein de France Travail. Une force, qui plus est, placée sous le commandement d’un général, d’ici le 23 avril 2026, préparant ainsi ouvertement la guerre.

Enrôlez-vous, enrôlez-vous!

Alors que les gouvernements successifs, et en particulier ceux sous la mandature d’Emmanuel Macron, ont permis la liquidation de milliers d’emplois, notamment dans l’industrie, le ministre du Travail entend aujourd’hui confier à France Travail un rôle de recruteur au service de l’industrie de défense. À titre d’exemple, 10 000 postes seraient créés au sein d’un « pôle industrie de la défense dans le Var » d’ici 2030. S’attaquer au chômage par ce biais rappelle des heures sombres de notre histoire pas si lointaine.

La vraie guerre n’est pas où on le croit

Pour nous, s’il doit y avoir une guerre, c’est d’abord celle pour la défense de l’emploi, aujourd’hui directement menacé à France Travail. Le ministère de tutelle a annoncé des coupes budgétaires importantes.

Concrètement, 1 038 postes doivent disparaître dès 2026. Dans le même temps, les salariés font déjà face à une surcharge de travail. Ils doivent traiter des milliers de dossiers supplémentaires liés à l’intégration des bénéficiaires du RSA et à l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi. Les contrôles se multiplient également, renforçant la stigmatisation des usagers. Sur le terrain, ces tensions exposent les agents à des situations parfois dangereuses, face à une population qui n’en peut plus.

En avant, marche !

Alors que France Travail est un pilier de la cohésion sociale, ce sont des moyens humains et financiers supplémentaires que nous revendiquons. C’est pourquoi nous refusons et militons contre l’accord GEPP (gestion des emplois et des parcours professionnels). À travers un « congé mobilité » que nous contestons, cet accord entérine des suppressions de postes alors même que les besoins explosent. Il n’a d’ailleurs recueilli aucune majorité syndicale et doit maintenant faire l’objet d’un référendum pour le moins sidérant : il serait demandé aux salariés de valider eux-mêmes la baisse des effectifs.

En revanche, cette baisse voulue et revendiquée par la tutelle ne l’empêchera pas de recruter un général chargé de piloter la fameuse « force spéciale défense ». Une force, rappelons-le, destinée à traiter les offres d’emploi liées à une économie de guerre que nous dénonçons.

 

A ceux qui ne jurent que par la guerre en étant sûrs de ne jamais la faire, nous rappelons notre attachement indéfectible à la paix.

Pain, Paix, Liberté !

 

 

Pour lire l’intégralité du Journal de la FEC FO n°195

https://www.calameo.com/fec-fo/read/00478174922cfee189aa8?page=1

www.fecfo.fr