Victor GRIFFUELHES – Secrétaire Général de la vieille CGT de 1901 à 1909

Victor GRIFFUELHES – Secrétaire Général de la vieille CGT de 1901 à 1909

Victor Griffuelhes, né à Nérac le 14 mars 1874 et mort le 30 juin 1922 à Saclas (En Seine-et-Oise, aujourd’hui en Essonne), est un ouvrier cordonnier et un militant syndicaliste révolutionnaire. Il est le cinquième secrétaire général de la Confédération générale du travail de 1901 à 1909.

Né dans une famille pauvre venue du Cantal, Victor dut quitter l’école à l’âge de quatorze ans pour apprendre le métier de cordonnier qu’exerçait son père. Après de dures années pendant lesquelles il fut apprenti à Bordeaux, puis trimardeur de Nantes à Blois et à Tours, il s’installa finalement à Paris en 1893.

Très tôt Victor Griffuelhes prit une part active à la vie du syndicat général de la cordonnerie de la Seine, dirigé par son frère Henri. En 1899, il le représentait à l’Union des syndicats de la Seine (l’équivalent de l’UD de PARIS aujourd’hui) dont il devint, la même année, le secrétaire.

Victor Griffuelhes avait acquis la conviction que l’action syndicale était le seul moyen efficace pour libérer intégralement la classe ouvrière.

Sa notion de la stratégie était basée sur « l’action directe », action directement exercée par les intéressés.

« C’est le travailleur qui accomplit lui-même son effort ; il l’exerce personnellement sur les puissances qui le dominent pour obtenir d’elles les avantages réclamés. Par l’action directe, l’ouvrier crée lui-même sa lutte, c’est lui qui la conduit, décidé à ne pas s’en rapporter à d’autres qu’à lui-même du soin de se libérer… » (conférence Griffuelhes du 27 juillet 1904).

En collaboration avec Émile Pouget, Griffuelhes se montra un remarquable organisateur des luttes revendicatives : campagnes contre les bureaux privés de placement (1903) et pour la journée de 8 heures (1906) dont il faisait une clé des conquêtes ouvrières : 8 heures de travail, 8 heures de repos, 8 heures pour la vie personnelle, sociale et pour l’éducation.

En 1906, Griffuelhes était devenu l’incarnation véritable du syndicalisme révolutionnaire.

Voici la liste des 43 délégués qui, à Amiens, en octobre 1906, signèrent l’ordre du jour syndicaliste révolutionnaire présenté par V. Griffuelhes :
Ader, Bastien, Bled, Bornet, Bousquet A., Braun, Bruon, Chazeaud, Cousteau, David Eug., Delesalle, Delzant, Devilar, Dhooghe, Dret, Ferrier, Galantus H., Garnery, Gauthier, Henriot, Hervier P., Latapie, Laurent L., Lévy, Luquet, Marie, Mazau J., Médard J.-B., Ménard L., Merrheim, Merzet E., Monclard, Morel L., Pouget, Richer, Robert, Roullier, Samay J., Sauvage, Tabard E., Thil G., Turpin H., Yvetot.

On peut ajouter à ces noms ceux de : Bécirard, Charpentier, Cheytion F., Laval E., Legouhy, Teyssandier M. qui, avec Chazeaud et Cousteau, avaient proposé l’addition suivante à l’ordre du jour repoussant la proposition du Textile :

« Considérant que l’intervention des élus dans les grèves ou dans les mouvements ouvriers est toujours funeste ;
« Considérant que toujours le prolétariat fut dupé dans ses grèves par l’intrusion, sur le champ de lutte, de politiciens trompeurs ;
« Le Congrès engage les syndicats et organisations ouvrières à repousser tout concours des élus dans les mouvements du prolétariat ».

Les délégués Bahonneau, Guimaudeau, Karcher firent de même (cf. c. rendu du congrès, p. 169).

Il en sortit, de ce congrès, sur la base proposée par Griffuelhes, la CHARTE D’AMIENS.

En 1909, il quitta la direction de la CGT et au début de 1922, sa mauvaise santé l’obligea à se retirer à Saclas où il décéda.

(Source site de MAITRON)